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LA PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE,
20 ANS APRES
Explicitation, préparée par le groupe de travail sur la bioéthique établi par l'EECCS (Commission
œcuménique européenne pour Eglise et Société), du document bref adopté par le Comité Exécutif de
l'EECCS en novembre 1998
INTRODUCTION
Dans le but de contribuer en tant que chrétiens au débat public concernant les nombreuses questions
d'ordre médical, éthique, biologique et social soulevées par la procréation médicalement assistée
(PMA), nous voulons, avec ce document, analyser celles qui touchent aux aspects plus délicats des
nouvelles pratiques biomédicales. Ceci devrait nous conduire à une vision d'ensemble de la PMA nous
permettant de conclure notre texte avec quelques propositions.
Moins d'un siècle nous sépare de la découverte des mécanismes de base du processus de fécondation et
de la physiologie reproductive dans l'espèce humaine.
En ce laps de temps la recherche des remèdes à l'infertilité est passée des premières tentatives
d'insémination artificielle (réalisées en Angleterre, à partir de la fin du XVIIIe siècle) à la naissance, le
25 juillet 1978, de Louise Brown, le premier bébé conçu par fécondation in vitro (i.e. hors du corps
maternel).
Sa naissance a couronné dix ans de travail de R. Edwards et P. Steptoe et a constitué le point de départ
d'une nouvelle ère dans le domaine de la médecine de la procréation humaine. Pour la première fois on
disposait d'un moyen (et non pas d'une thérapie !) pour porter remède au drame de la stérilité qui,
depuis les temps les plus anciens, hante les individus qui en sont touchés.
Seulement vingt ans ont passé: à l'heure actuelle près de deux cent mille enfants dans le monde sont
nés par le moyen de cette technique en apportant le bonheur d'une ou de plusieurs naissances à des
parents confrontés à l'échec de l'infertilité.
En général, une attitude ouverte de la part des Eglises protestantes représentées au sein du groupe de
travail a accompagné les débuts et les premiers pas de la procréatique (science de la procréation
artificielle) qui, par des soins palliatifs, permet la réalisation du projet parental d'un couple ne pouvant
pas enfanter spontanément et soulage ainsi sa souffrance.
La vitesse à laquelle les connaissances scientifiques concernant la génétique et la biologie de la
reproduction ont progressé dans les deux dernières décennies a ensuite favorisé un développement
technologique de portée inattendue qui, à son tour, a accéléré l'avancement de la science. La circularité
entre science et technologie a permis la mise en œuvre d'une technologie reproductive, c'est-à-dire
d'une reconstruction biotechnologique de la procréation humaine, qui confère à l'homme un pouvoir
nouveau sur son semblable. La biomédecine prétend maîtriser la fécondité: de quels moyens pourra se
servir la société pour maîtriser cette maîtrise?
CAUSES ET CONSÉQUENCES DE LA STÉRILITÉ
Selon les législations de nombreux Etats européens, l'assistance médicale à la procréation a pour objet
de remédier à l'infertilité dont le caractère pathologique a été médicalement diagnostiqué. L'infécondité
masculine ou féminine peut être due à la présence de troubles anatomiques ou fonctionnels qui rendent
impossible la survenue d'une grossesse spontanée (stérilité) ou bien à une atteinte de la fonction
procréatrice qui diminue plus ou moins gravement les chances de concevoir (subfertilité); il existe
aussi, enfin, une forme d'infécondité en l'absence de cause décelable avec les techniques actuellement
disponibles (stérilité idiopathique qui représente le 20% environ des stérilités).
Récemment un débat s'est développé à propos d'une hypothétique augmentation de la stérilité dans
l'Occident industriel. La comparaison avec les anciennes données est difficile car ces données sont
rares et les méthodes d'analyse ont beaucoup évolué. Cependant, selon l'Organisation Mondiale de la
Santé (OMS), la concentration des spermatozoïdes dans le liquide séminal aurait diminué de moitié
dans les 50 dernières années.
Parmi les causes principales de la réduction de fécondité on pourrait mentionner d'un côté la pollution
de l'environnement, les habitudes de vie (tabac, alcool, alimentation), les infections génitales et, de
l'autre, l'évolution du rôle de la femme qui l'amène à vouloir procréer plus tardivement. Un autre
facteur important pourrait être représenté par la pression psychologique due au fait que le "désir-projet
d'enfant" qui se trouve contrarié se transforme rapidement en désir exacerbé par l'échec vis-à-vis de
l'idéal de maîtrise du corps caractérisant cette fin de siècle(1): grâce aux connexions existant entre le
domaine organique et celui de l'émotivité, de tels sentiments pourraient jouer un rôle clé dans
l'étiologie de formes idiopathiques de stérilité.
Même si une réduction de fécondité, par ailleurs difficile à démontrer, existe, elle n'est pas suffisante
pour justifier le recours accru à la procréation médicalisée observé dans les pays économiquement
développés pendant la dernière décennie. Cette tendance pourrait être expliquée aussi par le fait que le
désir d'enfant, amplifié par l'existence même de la procréation assistée, peut se transformer en
demande à laquelle répond une offre médicale immédiate(2). La synergie de l'offre et de la demande
aboutit à l'acharnement procréatif du "désir d'enfant à tout prix" et peut expliquer la tendance sociale
actuelle à considérer la descendance biologique comme un droit humain. Un enfant est un don et ne
pourra jamais être considéré comme un objet de propriété: il faut donc que les choix en matière
d'assistance à la procréation soient orientés par la notion de droits de l'enfant, plutôt que par celle de
droit à l'enfant.
L'INTERVENTION BIOMÉDICALE
Les principales méthodes biomédicales qui permettent de lutter contre l'infécondité sont les suivantes:
-
insémination artificielle (IAC, IAD): technique par laquelle on introduit des spermatozoïdes dans les
voies génitales féminines hors du rapport sexuel. L'IAC est réalisée avec le sperme du conjoint et l'IAD
avec celui d'un donneur;
-
fécondation in vitro et transfert d'embryon (FIVET): technique qui consiste à obtenir un œuf fécondé
hors du corps en associant ovule et spermatozoïdes au laboratoire. L'embryon ainsi obtenu est transféré
dans les voies génitales féminines (utérus ou trompe) de un à cinq jours après la fécondation, quand il a
atteint le stade de 8 cellules;
-
injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI): technique qui modifie de façon plus radicale le
procès de fécondation car elle comporte l'introduction par microinjection des spermatozoïdes
directement dans le cytoplasme de l'ovule. Depuis ses débuts en 1992, l'ICSI a eu une très large
diffusion due au fait que cette technique permet d'utiliser pour la microinjection des spermatides
(précurseurs des gamètes mâles, avant la maturation) à la place des spermatozoïdes en donnant ainsi la
possibilité aux hommes stériles de procréer sans avoir recours à un donneur de sperme.
Sur le corps des femmes et des enfants
Une analyse des traitements et des interventions médicales qui sont impliquées dans la FIVETE et dans
l'ICSI montre que, bien qu'actuellement la "evidence-based medicine"(3) soit à la base de tout acte
médical, les nouvelles technologies reproductives constituent une exception à cette règle. En effet elles
ont été introduites dans la pratique médicale et sont actuellement utilisées avant que les données sur
leur sécurité, leur efficacité, sur les risques qui leur sont associés et leurs effets à long et court terme
sur la santé, soient disponibles.
A titre d'exemple on peut citer le fait que la littérature scientifique plus récente n'ait pas encore trouvé
un consensus à propos de questions fondamentales telles que:
-
la potentielle association entre le traitement hormonal pour la stimulation ovarienne et le cancer des
ovaires et du sein;
-
les conséquences cliniques de l'augmentation de la fréquence d'anomalies chromosomiques observée
dans les fœtus issus de l'ICSI et la possible association de cette procédure avec une mutabilité
augmentée du gène responsable de la fibrose cystique;
-
les améliorations techniques qui pourraient élever le taux de succès (qui, pour la fécondation in vitro,
en 1996 était globalement de 13%) permettant ainsi de baisser le nombre d'embryons transférés et de
diminuer par conséquent, le risque de grossesses multiples (qui est 33% dans le cas de transfert de trois
embryons).
Nous voulons mentionner aussi le risque que la PMA soit utilisée pour la production d'embryons
comme source de tissus fœtaux. Les questions soulevées dans les débats en cours à propos de
l'autorisation des recherches sur l'embryon humain posent d'importants problèmes éthiques concernant
les applications expérimentales et cliniques de la recherche sur les embryons issus de la PMA.
Pour pouvoir poursuivre leur travail, les spécialistes en biologie du développement demandent de
pouvoir disposer d'embryons vivants. A partir de ces embryons, il serait possible de cultiver ex vivo
des collections de cellules souches embryonnaires indifférenciées qui pourraient, par le biais de
traitements appropriés, se différencier dans les tissus du corps humain et être utilisables comme
greffons pour le traitement de nombreuses maladies.
Le transfert des noyaux de ces cellules dans des ovocytes énucléés ouvrirait la voie à une possibilité de
clonage. On pourrait aussi injecter ces cellules génétiquement modifiées (ou non) dans des embryons
humains qui pourraient transmettre à leur descendance le génome des cellules souches. La possibilité
que, par ces moyens, les lois relatives au clonage(4) et à la thérapie génique germinale(5) soient aisément
contournées soulève de grandes inquiétudes.
En tant que chrétiens nous considérons toute intervention sur le génome humain dans le but de
modifier le patrimoine génétique de la descendance, et toute tentative de clonage humain comme
éthiquement inacceptables.
Pour ce qui est de la recherche sur l'embryon humain il est important d'insister sur le fait que ce qui a
été développé pour aider les couples stériles ne devrait pas être utilisé pour ouvrir d'autres champs de
recherche. Toutefois, considérant la complexité de la question et l'utilité des données issues de ces
recherches pour le traitement de la stérilité, elles pourraient être autorisées dans des conditions très
strictes et sous le contrôle d'un organisme pluridisciplinaire crée dans ce but dans un cadre législatif
précis.
Sur les gènes
Les techniques mises au point pour la fécondation in vitro ouvrent la porte au risque d'application de
pratiques eugénistes visant à "l'amélioration de l'espèce humaine" grâce au diagnostic génétique
préimplantatoire (DPI) qui donne la possibilité d'effectuer le transfert sélectif d'embryons. Le DPI
s'effectue après la fécondation in vitro en pratiquant une biopsie embryonnaire dans le but d'obtenir et
d'analyser (par des tests génétiques) une des 6-10 cellules constituant l'embryon humain de trois jours.
Ce type de diagnostic ne conduit pas simplement à l'élimination par IVG d'un embryon atteint d'une
maladie, comme dans le cas du diagnostic prénatal conventionnel, mais, en intervenant sur plusieurs
embryons en même temps, il permet le tri embryonnaire et ouvre ainsi la porte à des démarches
eugénistes conduisant à l'élimination, non seulement des embryons malades, mais aussi de ceux qui
sont porteurs sains d'un gène défectueux. Mais le "désir d'enfant parfait" est un objectif en même temps
scientifiquement illusoire (car, même si on élimine tous les embryons porteurs de gènes pathologiques,
il y aura toujours de nouvelles altérations, responsables de futures pathologies qui pourront se produire
dans les gènes embryonnaires) et éthiquement dangereux. Le refus de l'altérité et le réductionnisme
génétique qui caractérisent notre époque peuvent, en effet, conduire à un glissement du concept de
gène "pathogène" à celui de gène "mauvais" dans le sens plus large du mot et fournir, ainsi, la
légitimation de nouvelles formes de discrimination.
Sur la société
"Certains possibles doivent être refusés. On les reconnaît à leur bruit insupportable, aux perturbations
qu'ils annoncent dans le tissu mental, culturel et politique" (J.Testart).
Une mère qui engendre le fils de sa fille, une femme qui engendre le fils d'un inconnu, un homme qui
engendre des enfants qu'il ne rencontrera jamais, des femmes qui hébergent dans leur corps des enfants
destinés à d'autres, des enfants conçus et nés après la mort de l'un ou l'autre de leurs parents;
l'importance des mutations culturelles induites par la procréation assistée (bouleversement de l'essence
de l'engendrement humain, transformation des repères fondateurs de l'individu, tels que les notions
d'identité et de filiation, de mère, de père, de vie et de mort) et la nature de certaines applications des
nouvelles technologies reproductives pourraient entraîner le risque de commercialisation et
d'instrumentalisation du corps de la femme ainsi que du corps humain en général. Ces tendances
posent d'importantes questions qui font surgir la notion de "conscience des limites". Comme nous
l'avons souligné dans notre contribution au Symposium du Conseil de l'Europe sur l'embryon humain
en décembre 1996, dès lors que de nouvelles technologies reproductives touchent aux origines mêmes
de la vie, il est de la plus haute importance d'établir les limites morales de ces technologies et de les
respecter.
Parmi beaucoup d'autres questions, la procréation artificielle pose aussi celle de l'accès à la PMA.
Doit-il être strictement limité ou, au contraire, faut-il laisser la possibilité de réaliser un projet parental
à toutes les nouvelles formes de famille (familles monoparentales, couples homosexuels, familles
désagrégées et diversement recomposées) présentes dans les sociétés occidentales ? À ce propos s'est
développé dans nos pays un débat qui se transforme souvent en guerre idéologique opposant une rigide
morale normative à une confiance aveugle dans la libéralisation. Dans ce débat pourrait s'inscrire le
projet de Recommandation du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe sur le Droit au Libre Choix
en Matière de Sexualité et de Procréation. Cette Recommandation préconise que les Etats
reconnaissent: "le droit fondamental de toute femme et de tout homme au libre choix en matière de
sexualité et de procréation (...) ainsi que le droit de choisir une forme de famille", estimant que ces
droits doivent être considérés comme faisant partie intégrante des droits de l'homme. Le texte du
rapport explicatif mentionne l'existence d'une évolution des comportements relationnels au sein des
sociétés européennes au cours des trente dernières années, impliquant "la diminution du nombre de
familles traditionnelles, la diversification des modèles familiaux et l'apparition de formes différentes de
vie relationnelle". Il insiste particulièrement sur le fait que "aucune discrimination ne doit être réalisée
sur la base du mode de vie de l'individu" et que, par conséquent, "cela doit impliquer les mêmes droits
et les mêmes obligations pour tous/toutes". Cependant, le même texte, sans crainte de paraître
contradictoire, précise que le droit au libre choix en matière de procréation n'inclut pas le libre accès à
la PMA.
Cette contradiction dérive d'une profonde incertitude éthique quant au statut social de la PMA.
L'incertitude, à son tour, est le résultat du fait que, dans le domaine des nouvelles technologies
reproductives, tout est allé tellement trop vite et trop loin qu'une élaboration de la part du contexte
social n'a pas été possible. Les avancées techniques sont aujourd'hui beaucoup plus rapides que leur
métabolisation dans la conscience, les mœurs, les lois et la pratique politique des sociétés. La
perception de ce retard inquiète la collectivité qui s'interroge sur le risque que les nouvelles
technologies de la reproduction ne posent plus de problèmes que ceux qu'elles sont censées résoudre
car chaque problème résolu en soulève d'autres que nous n'avions pas su prévoir.(6)
Quelle est la position des Eglises membres de l'EECCS vis-à-vis de ces questions délicates?Dans le
contexte de ces Eglises la sexualité et le choix de procréer relèvent de la libre détermination des
personnes.
Il n'y a donc pas qu'une seule position des Eglises, mais il y a plutôt un rôle des Eglises: celui d'aider
les croyants à assumer leurs responsabilités dans la vie quotidienne en encourageant un dialogue fondé
sur le pluralisme éthique et orienté par la lecture de la Bible.
Nous voulons conclure notre analyse en offrant à la réflexion de nos lecteurs une question ouverte, à
savoir celle du droit de l'enfant à son identité et à la connaissance de son origine. Nous sommes
conscients des problèmes de nature sociale et psychologique que le respect de ce droit peut soulever
dans nos sociétés où droits des parents, droits des donneurs de gamètes et droits des enfants semblent
être en conflit(7); cependant nous sommes persuadés, et le parallèle entre PMA et adoption ne fait que
renforcer cette opinion, que le respect de l'intérêt de l'enfant devrait supposer que celui-ci ait accès à
toutes les informations que les autres ont sur lui.
SOUHAITS
Afin que la technologie reste au service de l'homme et que le souci du bien-être de l'enfant à venir soit
placé au centre de la réflexion et de l'évaluation du projet biomédical appliqué à la procréation, le
groupe de travail sur la bioéthique de l'EECCS souhaite, en conclusion, que:
-
les ressources destinées à la thérapie de l'infertilité soient équitablement redistribuées entre prévention,
options médicales conventionnelles et nouvelles technologies reproductives. Les considérables enjeux
économiques liés au développement de la PMA (production de nouveaux médicaments, mise au point
de nouvelles technologies, amélioration des manipulations médicales) actuellement impliquent des
choix dans l'allocation des ressources qui ont déterminé une réduction drastique de la recherche et de
l'application de programmes de prévention et de thérapie de la stérilité;
-
l'ultime décision de la femme soit respectée car, à travers sa relation particulière avec l'enfant à naître
et le père, elle apporte une dimension unique à la signification de la naissance et aux relations entre
tous les sujets impliqués dans la procréation;
-
des experts dans le domaine (médecins et chercheurs en biologie de la reproduction) s'expriment sur
les aspects des techniques de PMA qui sont de l'ordre de la recherche et sur ceux qui font partie d'un
protocole de soins s'appuyant sur des connaissances précises et vérifiées;
-
un conseiller (indépendant du médecin qui exécute l'assistance à la procréation) fournisse une
information complète et circonstanciée sur la nature des traitements et des démarches à suivre, sur les
risques inhérents à la PMA, sur ses faibles taux de succès et que le silence favorisé par la nature
invasive des technologies bio-médicales soit rompu avec la création d'espaces publics d'information et
de discussion sur la procréation assistée et l'infécondité;
-
un projet au niveau international soit lancé pour la récolte des informations concernant l'état de santé à
la naissance des enfants nés de PMA et leur développement dans les premières années de vie ainsi que
l'évaluation (qui deviendra bientôt possible) du niveau de leur fertilité dans l'âge adulte. Pour éviter les
risques de discrimination liés à une telle initiative et dans le souci du respect de la vie privée et
familiale des enfants et des parents impliqués dans la procréation assistée, il faudrait que ce projet soit
encadré du point de vue éthique (garanties de confidentialité, validation des projets d'études
épidémiologiques par des instances internationales) et que, dans chaque cas, la récolte des données soit
soumise au consentement des parents, voire des enfants, lorsqu'ils atteignent l'âge d'y consentir;
-
une évaluation multidisciplinaire et approfondie des données concernant vingt ans d'application des
techniques d'assistance médicale à la procréation (analysées du point de vue médical, psychologique,
génétique, sociologique et juridique) soit conduite au niveau européen et les résultats de ce travail
fassent l'objet de débats publics dans chaque pays membre du Conseil de l'Europe;
-
le Comité Directeur de Bioéthique élabore une base commune aux législations promulguées dans les
Etats membres du Conseil de l'Europe, dans le respect des différentes traditions culturelles,
philosophiques et religieuses présentes en Europe.
Strasbourg, 2.5.1999.
Notes
1. G. Delaisi, P. Verdier : « Enfant de personne » Ed. O. Jacob, 1994
2. Cette offre médicale est évidemment liée à de très importants intérêts économiques en jeu dans les
PMA.
3. « evidence-based medicine » : médecine fondée sur les connaissances obtenues par l'examen
exhaustif de la littérature scientifique et l'évaluation appropriée de l'efficacité des traitements et de
leurs résultats.
4. Cf. Protocole additionnel à la Convention sur les droits de l'homme et la biomédecine du Conseil de
l'Europe portant interdiction du clonage d'êtres humains.
5. Cf. Art. 13 de la Convention.
6. L. Vandelac « Technologies de la reproduction ; l'irresponsabilité des pouvoirs publics et la nôtre »
Sociologie et Sociétés XXVIII, n°2, 1996 ed. Les presses de l'Université de Montréal.
O. Abel « Sept propositions pour une éthique bio-médicale » Ouvertures, 1994
7. Problèmes signalés par le fait qu'au cœur de l'Europe trois pays voisins qui partagent beaucoup de
choses dans leur culture, leurs mœurs et leurs religions, comme la France, l'Italie et la Suisse ont
légiféré (ou sont en train de le faire) à ce propos de façon très différente, c'est-à-dire que l'anonymat
du donneur de gamète est garanti en France, tandis qu'en Suisse il n'y a pas d'anonymat et en Italie il
est défendu d'avoir recours à la FIVET avec don de gamètes.
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